Le Métier d'Eleveur

Chez nous la rigueur du professionnel s'allie à la passion de l'amateur ...

Nous nous proposons à travers ce texte, de vous illustrer quelle vision nous avons de notre métier : L’élevage.

Il y a beaucoup à dire sur le sujet, nous allons nous efforcer de simplifier notre pensée afin que cela puisse s’exprimer en quelques lignes.

Qu’est-ce que l’élevage ?

Sur moult sites vous trouverez les termes « passion », « élevage familial », « chiens élevés en maison sans boxes » etc …

L’élevage ne se résume pas à quelques termes jetés sur une page web afin d’attirer les clients sensibles à ces mots.
Pour être un bon éleveur, il ne suffit pas, comme j’ai pu l’entendre dire, de faire naître des chiots.
Il s’agit d’un métier à part entière qui demande, pour être bien réalisé, une somme de connaissances dont peu de personnes ont véritablement conscience.
Cela demande un bagage de savoirs techniques et pratiques qui se cumulent au fil du temps, avec des recherches incessantes qu’elles soient d’ordre théorique, technique, organisationnelles mais également vétérinaire, marketing (et oui les chiots il faut aussi les vendre !) et j‘en passe.

L’éleveur est au cœur d’un système dont il détient les tenants et les aboutissants, la « chaîne » est complète, de la production à la vente, nécessitant une foultitude de compétences à maîtriser. S’il faillit à l’une d’elle, c’est l’ensemble de sa « chaîne » qui en pâtie, avec des conséquences parfois totalement désastreuses.

Ce métier n’est pas seulement un passe temps, il s’agit d’un mode de vie, d’un sacerdoce qui demande d’énormes sacrifices, pas de week end, pas de congés, pas de jours fériés, savoir parfois y passer des nuits, encaisser les difficultés liées aux problèmes de santé, aux mises bas difficiles, à la mortalité. En bref, il faut parfois avoir le cœur bien accroché pour ne pas jeter l’éponge !

Certains « particuliers » se jettent dans l’achat boulimique de chiens sans avoir d’installations, en pensant « rentrer dans leurs frais » en faisant quelques portées … Discours que l’on entend de plus en plus souvent, comme si l’achat d’un chien de race ne pouvait plus être simplement synonyme de plaisir et de partage avec son animal. Foutue crise …
Nombreux sont ceux qui à postériori se rendent compte que l’activité demande bien plus que de distribuer à manger quotidiennement et amener Médor chez le vétérinaire 1 fois par an pour le rappel des vaccins.

Lorsque l’on veut bien faire, il faut avoir de quoi investir financièrement, en acquérant des chiens de qualité (avec les risques que cela comporte lorsque l’on travail sur du vivant) mais également en ayant des installations adaptées (nurserie, chenils) qui puissent assurer l’hygiène et la sécurité de tous !
Qu’est-ce que cela veut dire lorsque l’on voit ou entend que les chiens évoluent dans la maison ?!
Très nombreux sont ceux qui, avec ces raisonnements, finissent par vivre chez leur chiens ! Vive les poils partout et la bave collée au plafond, un vrai plaisir ...
Chez nous, les chiens sont en chenils, à leur place, et les humains vivent dans la maison, à leur place. On en vient presque au fait que cela soit choquant ! Mais que diable, un peu de bon sens et de respect de soi !

Tout cela étant allègrement alimenté par la magie d’internet, outil grâce auquel on peut surfer sur des sites joliment construits, mettant en avant les qualités évidentes des chiens et de l’éleveur. S’en suit souvent un gros désappointement lorsque, sur place, on se rend compte de la dure réalité !

Très peu, contrairement à la législation et la règlementation disposent du certificat de capacité et d‘un numéro de siret (obligatoires dès que l’on fait plus d’une nichée par an).
Induisant donc de ne payer ni cotisations sociales ni impôts sur les sommes perçues. Une concurrence tout à fait déloyale pour l’ensemble de ceux qui sont en règle.

Si vous pensez demain pouvoir improviser ce métier, alors vous conviendrez que n'importe qui peux improviser le votre ... CQFD !

Les mots employés sont parfois durs, n’y voyez aucune arrogance, mais simplement l’expression d’un malaise particulièrement pesant dans le cadre de notre métier qui est pour beaucoup une sorte de refuge face à une apparente facilité.
Il n’en est rien, croyez le bien !


Je dirais pour conclure mon propos que comme il ne suffit pas de posséder une paire de ciseaux pour devenir coiffeur, il ne suffit pas d’avoir une chienne pour devenir éleveur …
 

Elsa KLAVUN